Impressions de Bretagne

Séjour du 28 Septembre au 6 Octobre 2020

Une escapade en Bretagne… l’idée de notre Président était bien séduisante mais immédiatement une question fondamentale s’est imposée : comment y aller ? Covoiturage ?  Car ?  Avion ?

Alors, SNC réfléchit de longs mois (certes un peu perturbés par le confinement) et, durant l’été, surgit enfin la bonne formule !

Finalement ce sera en TGV « quasi direct » avec un simple changement de train en gare de Lyon Part Dieu. Ouf !, on a évité les transports dans Paris avec les valises. La location de trois minibus à Rennes (vive Super U et ses super prix) nous a apportée toute la souplesse recherchée dans les déplacements quotidiens. Malgré un couac  de la SNCF au retour, cette organisation s’est révélée confortable, sécurisante et bien adaptée. Merci Jacques !

Bon, maintenant ce point résolu, la deuxième question n’en est pas moins délicate : on fait quoi ?  Où ?  Quand ?  Et comment ?

Randos découvertes ?  Sites incontournables ?  Une pincée de sport ?  Un zeste de culture ?  Sans oublier un petit peu de temps libre pour le shopping ….   Et puis la Bretagne est vaste et diversifiée.

Il a donc été choisi de rayonner d’abord dans la région de Concarneau, en Bretagne Sud, c’est le pays de Cornouaille et le pays Bigouden, puis, non loin de St Malo, en Bretagne Nord sur la Côte d’Emeraude.

Voilà les recettes qui ont été proposées et nous avons eu le grand plaisir de constater immédiatement la participation totale du groupe et la bonne humeur de chacun.

Au bord de la ria Belon, la balade du premier jour nous a très vite plongés dans le monde de ces fameuses huitres plates au subtil goût de noisette. Leur secret … s’épanouir, au gré des marées, dans une eau à la fois douce de la rivière et salée de l’Atlantique.

L’après-midi, nous l’avons passée en compagnie des peintres de l’Ecole de Pont Aven. Ils venaient des quatre coins du monde et étaient à la recherche d’une lumière différente. Au bord de l’Aven, nous avons cheminé dans le bourg et bien au-delà. Ainsi, grâce à quelques reproductions, on a pu imaginer les lieux où Paul Gauguin, en particulier, a peint moulins, paysannes bretonnes et autres portraits. Malgré la transformation urbaine, les lieux ont gardé la douceur et le charme d’une certaine authenticité. Gauguin aimait à dire :

« J’aime la Bretagne, j’y trouve le sauvage et le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends  le son sourd, mat et puissant, que je cherche en peinture ». 

Cet aventurier, parfois bagarreur, toujours en recherche de l’essentiel, a souvent séjourné en Polynésie. L’une de ses toiles, peinte là-bas, lumineuse, magnifique, s’est récemment vendue 500 Millions de dollars …

Le lendemain, nous étions dans la « ville close » de Concarneau, l’un des « sites préférés » des français. Cette petite île fortifiée au Moyen Age et remaniée par Vauban, fut une véritable place de guerre dans la lutte incessante contre les Anglais. Hors saison, au petit matin, nous avons pu tranquillement, flâner dans cette cité. Et malgré une bonne partie des remparts fermés, l’atmosphère moyenâgeuse nous envahit. Une bâtisse, avec sa chapelle, nous rappelle, qu’à l’époque on soignait avec l’aide de la foi. En effet, dans cet hôpital, chaque malade pouvait, de son lit, aisément assister aux offices.

Au retour, nous avons découvert un adorable village de chaumières bretonnes. En effet,Keraskouët réunit ces petites maisons de pierres aux volets rouges ou bleus et recouvertes de chaume. Quel lieu charmant !

L’après-midi, une balade en forêt de Carnoët, dans un ancien domaine réservé aux chasses royales, nous a permis de sortir nos capes de pluie. Eh oui, quand on aime la Bretagne, on ne compte pas les quelques (rares, évidemment) gouttes de pluie …

L’accueillant VTF où nous dormons nous a, bien sûr, proposé de déguster quelques bonnes Bélon du cru. Il nous a, aussi, éclairé sur les sagas corsaires ….  Qui aurait imaginé, par exemple, que le bandeau sur l’œil était là pour préparer la vue du Corsaire aux combats dans les cales obscures des navires ennemis ?

Ce troisième jour en Bretagne Sud nous a fait « goûter » l’Océan. Cette étrange Pointe de Penmarch, avec ses trois phares et son sémaphore, nous fait comprendre l’évolution, au cours des siècles, des techniques liées à la navigation maritime. Mais ces lieux, à la réputation de naufrageurs, nous fascinent. En 1883, Guy de Maupassant n’écrivait-il pas :

« La plage de Penmarch fait peur. C’est bien ici que les naufrageurs devaient attirer les vaisseaux perdus en attachant aux cornes d’une vache, dont la patte était entravée pour qu’elle boitât, la lanterne trompeuse qui simulait un autre navire »

Un peu plus loin, à la Pointe de la Torche, un « miracle » est survenu  …

En effet, un violent  « grain » avait empêché la plus part d’entre nous  d’aller au bout de cette pointe et nous avait obligés à nous réfugier dans une crêperie voisine. Mais juste avant  …  et c’est là le miracle  …  le pique-nique sur la plage avait pu se dérouler en toute quiétude … Une manifestation bienveillante des Druides, évidemment …

En fin d’après-midi, au Guilvinec, on a assisté au ballet des chalutiers rentrant au port déposer leur pêche, immédiatement vendue à la criée. Il s’agit du premier port de pêche artisanale où la plus part des patrons sont  propriétaires de leur  bateau. Pêche raisonnée et très beau spectacle !

Entre temps, nous avions fait un petit détour pour voir le calvaire de Notre Dame de Tronoën. Il semble que ce soit l’un des plus anciens de Bretagne.

Sculpté dans le granit, véritable bande dessinée de l’Evangile, nous y reconnaissons les principales scènes apprises au catéchisme. Mais, fantaisie du bâtisseur, ou illusion d’optique, on peut apercevoir un « guetteur », oh combien discret, caché dans les colonnes du porche de la chapelle toute proche. Pierre Jakez Hélias, auteur du célèbre « Cheval d’orgueil », nous en parle :

« Ce gars-là, « l’autre », ne regarde pas la poitrine nue de la vierge parturiente  …   non  …   un jour de terrible tempête, quand la mer viendra tout noyer par ici, il sifflera  …  oui  … pour nous prévenir  …  et ce jour-là, ce sera la fin du monde ».

La Bretagne, pays de foi, de mystères et de légendes …

En parlant de légendes et sur le chemin de la Bretagne Nord, comment ne pas dire bonjour aux fées et au Roi Arthur dans la forêt de Brocéliande ?

Personne n’a oublié les contes de notre enfance, les exploits des « Chevaliers de la Table Ronde » et les prodiges de l’Enchanteur Merlin et des fées qui l’entouraient. C’est donc avec courage, mais avec prudence également, que  nous avons pénétré dans le « Val sans retour »  …   piège bien connu pour les personnes infidèles …

Alors, nous reviennent en mémoire, l’épée magique Excalibur, Guenièvre, Lancelot du lac  …  que d’exploits guerriers et d’intrigues amoureuses …  la vie quoi …

Et puis, la fontaine de Barenton nous a montré en quoi les légendes se fondent sur des réalités. En effet, l’eau bouillonnante qui guérit, on l’a bien vue ! …  Par intermittence, certes, mais les bulles sont bien là, amples et jaillissantes, probablement générées, depuis des siècles, par quelques fermentations souterraines.

Enfin, l’Eglise du Graal nous a complètement séduits. Mis « au placard » et nommé, dans les années quarante, en une paroisse de peu de foi,  l’abbé Gillard reconstruit l’église et la dote de symboles chrétiens, bien sûr, mais aussi arthuriens et celtiques. Il disait :

« Les différentes croyances des hommes recherchent toutes le même espoir »

Quelle clairvoyance !    Il a même inscrit sur le porche d’entrée :

« La porte est en dedans »

Véritable appel à la réflexion intérieure …

Au demeurant, notre abbé, passionné et iconoclaste, a choisi des images simples et fortes pour illustrer sa vision de ces différentes croyances. Le St Calice, ou St Graal, est très présent sur les vitraux ou la table ronde. Le Christ et les quatre Evangélistes représentés par le cerf blanc et quatre lions, sont bien un épisode de la quête du Graal. Même dans le chemin de croix, le Christ figure aux pieds de la sulfureuse Fée Morgane.   Scandale … scandale …

Iconoclaste, l’abbé, je vous dis …   Mais quelle belle chapelle, symbole de fraternité !

Arrivés en Bretagne Nord, notre première journée fut dense et enrichissante.

Au petit matin, nous voilà à Dinan, formant une procession de parapluies et probablement seuls visiteurs dans les rues pavées et glissantes. Cette ville qui a échappé aux bombardements, a remarquablement conservé ses maisons moyenâgeuses.

Notre promenade nous a amené aux pieds de la statue de Du Guesclin, natif de la ville et valeureux chevalier luttant, toute sa vie durant, contre les Anglais. L’artiste l’a représenté petit et laid, certes, mais aussi  puissant et impressionnant. D’ailleurs, sa devise résume sa vie :

« Le courage donne ce que la beauté refuse »

Et puis, toujours sous la pluie,  nous revenons au bord de cette « Côte d’Emeraude », à la Pointe du Grouin précisément. Ce cap, d’une sauvage solitude, nous donne envie d’embarquer pour l’Ile des Landes, là, toute proche et qui contribue à la beauté des lieux. Soudain (sans nul doute, résultat de mes incantations nocturnes aux druides d’ici), l’éclaircie se dessine et on voit apparaître, au Nord, l’île anglo-normande de Guernesey, oui, là, dans cette direction, à portée d’arquebuse ...

Et alors, incroyable (encore merci Panoramix, mon druide préféré), en plein Est, un petit triangle se détache sur l’horizon …. Il y en a même un deuxième un peu à gauche …   Mais oui, il s’agit bien du Mont St Michel et de son voisin Tombelaine  … splendide vision …

Nous savions que sur l’une des plages de Cancale, on pouvait acheter directement aux ostréiculteurs les célèbres huitres. C’est donc assis sur un muret que pique-nique et dégustation au bord de la mer furent un délice. Comme tout le monde, on a jeté nos coquilles sur la petite plage, sachant qu’elles seront emportées par la prochaine marée.

Ah, quel bonheur, le soleil nous accompagne jusqu’à St Malo !

Une balade sur les remparts nous fait admirer ce site exceptionnel, reconstruit à l’identique après la guerre et entouré d’une mer qui fut le théâtre d’innombrables épopées. Cette cité corsaire, spécialisée dans la lutte contre les Anglais, fut le berceau de noms illustres. Nous nous souvenons,  entre autres, de :

Mahé de la Bourdonnais, gouverneur de l’Ile Bourbon (La Réunion) et de l’Ile de France (Maurice).

Jacques Cartier, premier explorateur du golfe du St Laurent et à l’origine de la fondation du Québec.

Et, bien sûr, des corsaires au service du Roi, comme René Duguay-Trouin ou Robert Surcouf. Ces guerriers des mers étaient souvent plus motivés par la gloire que par l’argent. Pour preuve, cette magnifique répartie de Surcouf à un officier Anglais qui lui disait:

« Vous Français, vous vous battez pour l’argent. Nous Anglais, nous nous battons pour l’honneur »

Et Surcouf de répondre :

« On se bat toujours pour ce qu’on n’a pas »

Voilà, nous sommes au pied de la statue de ce fameux corsaire : il pointe l’ennemi du doigt et nous sommes admiratifs !

Ce tour des remparts de St Malo est grandiose et le lieu est mythique. Le ciel chargé de gros nuages et de trouées bleues, est magnifique. Et bien …  on n’en revient pas …  ce n’est qu’au retour dans nos véhicules que la pluie commence à tomber …. Alors, qui ne croit pas aux Druides ?

Ce Dimanche matin, St Cast nous offre une douce lumière de soleil d’Automne. C’est bien le moment d’explorer quelques caps voisins …

Près du bourg, Notre Dame de la Garde nous accueille et c’est un plaisir de se promener sur ce petit sentier (et oui, le long des côtes françaises, il y a plusieurs ND de la Garde qui, à l’origine, étaient des vigies). En fin de matinée, à marée haute, la plage est accueillante et plusieurs d’entre nous revêtirent maillots de bain ou combinaisons. Quelques pas dans l’eau ou une petite séance de longe côte … histoire de dire qu’on a goûté à La Manche … pas si froide que ça …

L’après-midi, c’est une belle balade le long de la baie de Frênaye et jusqu’à la Pointe de St Cast. Le Fort La Latte s’aperçoit au loin et la mer est apaisante.

Douce et belle journée dans cette calme station balnéaire de St Cast.

Après dîner, au VTF, c’est plus de dix musiciens, chanteurs et danseurs qui nous ont proposés une part de leur culture vivante. Leur plaisir de jouer, chanter, danser et aussi de nous expliquer avec gentillesse est touchant. Nous avons la chance d’être hors saison et hors les grands circuits touristiques et ainsi de côtoyer, un peu, de Bretagne bretonnante.

Sous la pluie fine, la dernière matinée a été consacrée à quelques achats ou à une balade jusqu’au port de plaisance en empruntant un joli sentier maçonné au raz de l’eau.

Et puis, l’incontournable visite du Fort La Latte a pu se faire en début d’après-midi. Quel bel exemple de château fort et quel site !  Cependant, cet édifice a surtout été utilisé au 18ème siècle pour protéger les vaisseaux corsaires malouins au mouillage dans la baie de Frênaye. Aujourd’hui, il sert de cadre à des spectacles médiévaux ou au tournage de films. Beaucoup d’entre nous ont vu : Les Vikings, Lancelot du Lac ou Les Chouans.

Le Cap Fréhel était à portée de vue  …  dix minutes de minibus et nous y étions …

Alors là, encapuchonnés jusqu’aux yeux, disparaissant sous nos capes de pluie agitées, nous avons affronté un vent rare qui nous faisait nous agripper les uns aux autres et à marcher de manière périlleuse. Les gardiens du phare nous l’ont confirmé : il s’agissait bien d’un air léger, proche des 100 km/h, à cette pointe surplombant la Manche.

Enfin, nous avons poussé jusqu’à la Pointe aux Chèvres et là, dans un cadre superbe, nous avons bien constaté que la mer est vraiment d’émeraude.

 On aurait été chagrinés que Jacques oublie d’organiser l’apéro final. Notre Président a bien du talent pour créer les moments conviviaux où on se sent une bande de jeunes, joyeuse et chantante.

Ce soir, ce sera « Les Chevaliers de la Table Ronde (de circonstance), quelques chansons de carabins (entre adultes consentants) et puis, évidemment, « Kenavo » appris la veille avec nos amis musiciens bretons :

« Kenavo, au revoir et merci la Bretagne, nous reviendrons bientôt  …  »

 

Voilà, par petites touches quotidiennes, insensiblement, nous avons l’impression d’avoir approché l‘âme bretonne, son histoire et ses valeurs. Du Roi Arthur à l’Ecole de Pont Aven en passant par les naufrageurs et les Corsaires  …   sans oublier des paysages et des météos à fortes personnalités ….

Nous sommes ravis d’avoir vécu tout cela avec vous, dans une ambiance amicale et bienveillante.

 

Merci pour votre attention

Merci pour votre participation

Et à bientôt pour de nouvelles aventures

Alain Frébault

Le 11.10.2020

Pour ne pas oublier les photos sont là:

 

 

 


 


 

Manifestations

Bon anniversaire

  • 27 Oct

    Claude Barbaro-Gubian dans 3 jours
  • 27 Oct

    Evelyne Ladous dans 3 jours
  • 28 Oct

    Denis Valette dans 4 jours
  • 30 Oct

    Jean-Louis Leherpeux dans 6 jours
  • 31 Oct

    Françoise Barlaam dans 7 jours
  • 2 Nov

    Claudine Devaux dans 9 jours
  • 3 Nov

    Monique Queva dans 10 jours

Logo FFRP

Affiliation n° 05943

Ils sont connectés

Aller au haut