Arles - Ville et Musée antique
9h30 ce mercredi 8 avril 2026, la joyeuse équipe s’est donné rendez-vous sur la Presqu’île du Cirque Romain. Tout le monde est là, sauf Alain et Lisa … vont-ils nous faire le coup de l’Arlésienne, le lieu s’y prête ? Et non, crissement d’essieu sur le gravier, nuage de poussière, leur char vient de se garer !
Nous sommes à Arelate, la ville des marais, implantation Celto-Ligure puis cité grecque, sur laquelle Jules César jeta son dévolu en 49 av JC pour faire contrepoids à la phocéenne Massalia. Arles donc, la bien nommée, colonie romaine de premier ordre qui n’usurpa pas son surnom de Petite Rome des Gaules.
Passés les vestiges du Cirque Romain, nous cheminons sur les bords du Rhône, pas en formation tortue romaine, de façon plutôt désordonnée, comme à l’accoutumée, plutôt en mode Abrivado, on imagine Alain notre conteur meneur et Claude notre serre file, gardians de leur état, tentant de mener vers les arènes « piquantes vachettes et fiers taureaux », ils et elles se reconnaîtront !
En chemin donc, Alain pointe en amont du pont routier qui enjambe le Rhône le lieu où la barge antique baptisée Arles-Rhône 3, fut découverte en 2004 par Le Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines dont le siège est à l’Estaque. Datée du premier siècle de notre ère, elle doit son exceptionnel état de conservation à la gangue de limon qui l’enserrait. Nous la retrouverons un peu plus tard au musée, tout comme le buste de César également découvert à proximité. Alain nous rappelle ici que les images des puissants d’une époque passent un jour ou l’autre au « tout à l’égout » !
Chemin faisant, nous longeons les restes des Thermes Romains et La Librairie Actes Sud, siège des Editions du même nom, fondées par le père de Françoise Nyssen, ancienne ministre de la Culture, et dont elle assura la direction.
Nous voilà devant les grilles du Théâtre Antique. Ici fut découverte la Vénus d’Arles lors de fouilles menées au 17ième siècle, LOUIS XIV la fit monter à Paris. Un sculpteur voulut lui rendre ses membres amputés, la dotant d’une pomme à main droite et d’un miroir à main gauche. Symbole de la beauté pour Alain, de la tentation perfide pour d’autres, c’est selon … Elle partage aujourd’hui la compagnie de la Vénus de Milo au Louvre mais sa villégiature au Musée d’Arles du 24 avril au 31 octobre de cette année est attendue en Grandes Pompes (du grec pompè ou du latin pompa, cortège qui s’appliquait au rituel religieux), son rang l’exige !
Et puis bien sûr les Arènes d’Arles, cœur battant de la ville, aujourd’hui temple de la Tauromachie, qui hier donnèrent à la Plèbe, en plus du pain, des jeux à profusion … panem et circenses.
Nous nous attardons à présent devant le porche de La Basilique Sainte TROPHIME, construite au 12ième siècle, édifice majeur du style Roman Provençal. Alain nous présente le bestiaire des quatre évangélistes (le taureau pour Luc, le lion pour Marc, l’aigle pour Jean, et l’Homme Ailé pour Mathieu) et nous laisse le choix entre la quiétude béate du Paradis à main gauche ou la cuisson à feu doux de l’Enfer à main droite … Euh… faut voir … Nous optons pour les tapisseries d’Aubusson qui parent les murs intérieurs de la Basilique.
Passant devant le café qui inspira l’un des tableaux célèbres de Van Gogh, nous prêtons l’oreille à notre conteur, il évoque la collaboration tumultueuse entre le peintre et son ami Gauguin, qui lui couta la sienne … Alain, lui, nous rend la nôtre.
Et déjà le retour vers le Musée, l’occasion d’entrevoir la tour Luma, œuvre de l’architecte Frank Gehry à la demande de la mécène suisse Maja Hoffman, formes déconstruites sur un site ferroviaire réhabilité. A coup sûr, la Tour mérite en elle-même une visite.
L’occasion aussi pour Alain de citer Lucien Clergue, grand photographe qui fut à l’origine des Rencontres de La Photographie d’Arles, de nous montrer aussi l’une de ses photos en noir et blanc … entre Vénus de Milo et Vénus d’Arles, nous comprenons qu’Alain penche plutôt pour Vénus à la plage, et son Mont de … Oh, pardon !
L’heure de la pause méridienne, à l’ombre parcimonieuse de grands platanes, petit village gaulois et quelques irréductibles, mais pas de sanglier, quelques agapes quand même … les Canistrelli d’Odette, le café/ chocolats de Lisa, les croquants de Marie et le pain d’épices Maison de Michelle.
La visite de l’Arles Antique parachève notre randonnée urbaine. Nous y voyons de superbes maquettes reconstituant les sites majeurs dans leur plénitude, la barge imposante dont nous apprenons que la restauration minutieuse a été effectuée par une équipe spécialisée dans les locaux du CEA à Grenoble, de superbes fresques sur sarcophage, le buste de César …
Et vient l’heure du départ. Via Salon ou Martigues, nous regagnons nos Pénates dont nous savons qu’elles demeurent des divinités domestiques romaines, protectrices de la maisonnée.
A bientôt pour de futures Urbanités.
Carpe Diem !
Jean Luc.
